Du coq à l'âne ou pas vraiment
Ma fille m'éclate! Elle m'épate, m'étonne, m'éblouie! Elle est géniale. Je suis fascinée. Ce petit bout de chou a grandi dans mon ventre, ce n'était qu'un amas de cellule et miracle, un petit être très étonnant en résulte.
Le miracle de la vie quoi!
Parfois je regarde et m'attarde sur le monde. Je suis alors suprise par ce que je vois. J'aimerais tant ne pas juger et pourtant immanquablement je me fais juge. Par contre je suis bien plus clémente avec les autres qu'avec moi-même. Je suis d'une rigidité affligeante me concernant. Je ne me passe rien.
Hier soir, tout en papotant avec ma belle-maman, je réalise que je suis finalement mon pire ennemi. Je le savais déjà, mais c'est comme si j'en prenais pleinement conscience, que j'en voyais toutes les implications. Mais surtout d'où cela vient-il et comment m'en défaire?
Comment se fait-il que je sois si clémente concernant mon staut de maman? Je sais et j'ai accepté, acquis que je ne pourrais ni être parfaite, ni toujours contenter ma fille, pour le coup c'est très libérateur car j'ai d'emblé accepté les futures erreures que je vais commettre. Je sais que quoique je fasse il y aura forcément quelque chose qui n'ira pas, qui ne passera pas, voir qui sera source de conflit et donc cela m'appaise. Je n'ai pas à me montrer à la hauteur, juste à faire de mon mieux.
Pourquoi concernant tout le reste je n'arrive pas à atteindre cette plénitude?
Je me suis demandée si je ne devrais pas me tourner vers des professionnelles afin d'être aidé. Oui mais lesquels? Un psy peu-t-il m'aider à avancer? L'hypnose pourrait-elle avoir des effets plus durables, plus direct, aller directement à la source et me guérir?
Parce qu'enfin ne pas s'aimer à ce point cela devient plus que dérengeant. Avoir en permanence cette petite voie qui juge acte et action, c'est pénible. Etre ainsi décortiquée par le menu est douloureux. Comment faire pour que cela cesse? Pourquoi penser que je suis mauvaise, car tel est bien le terme qui me vient à l'esprit quand il s'agit de moi.
J'ai bien songé que le départ de mon père quand j'avais 3 ans y est pour quelque chose, mais quand je m'y plonge je sais aussi que je ne suis en rien responsable. C'était des histoires d'adultes. Une mésentente, deux êtres qui n'étaient pas fait pour vivre ensemble mais qui avaient engendré deux petits bout de chou.
Alors si ce n'est pas ça, d'où cela vient-il?
Je n'aime pas être ignorée, ne pas être dans une confidence, ne pas faire parti du groupe, ne pas être des fêtes.
Là tout de suite un souvenir me revient, je dois avoir 14 ans je suis dans mon lit, c'est un soir de juin. La nuit transporte les bruit d'une fête forraine au loin. Cris, manèges, musique. Tout cela me donne envie. Je regrette de ne pouvoir y être et en même temps je n'ai ni l'autorisation, ni l'argent, ni les compagnons pour m'y rendre. Et ce sentiment s'encre en moi. Je me sens hors du coup et je me jure qu'un jour je ne ressentirais plus ça. Je souffre de ce que je vis comme une injustice. j'ai ce sentiment que le monde est toujours plus beau ailleur, qu'on s'y amuse sans moi. Je ne veux plus ça.
Bon ok, là c'est assez clair. Mais pourquoi penser que j'ai toujours été en banc de touche?
Si j'y réfléchi, toujours différente, regarder avec compassion par les adultes, mollestée par ceux de mon âge. Observatrice des souffrances affligées à d'autre, silencieuse spectatrice et parfois actrice pour enfin faire parti du groupe. Je crois que finalement être différente m'a plongé dans ce besoin de faire parti de la masse.
J'ai toujours était la troisième dans les trios amicaux. Je me fais une copine. Nous fonctionnons à deux et c'est génial. Puis ma copine se fait une copine, nous fonctionnons alors à trois et très vite je suis évincée.
Je me suis toujours demandé pourquoi ce n'est pas moi qui avait été préférée mais l'autre. Pas seulement au primaire, mais au collège puis au lycée, puis à la fac. Indéniablement le même schéma s'est reproduit.
Pourquoi? Qu'est-ce qui cloche chez moi qui fait que je ne retiens pas les gens et qu'ils s'en vont voir ailleurs? Pas assez rigolote, légère, marrante, intelligente...? Quoi, mais quoi? J'aimerais vraiment avoir la réponse aujourd'hui.
D'autant que l'adulte que je suis devenue est aux antipodes. Petite fille secrète, sérieuse, parfois gauche. Timide, avec la peur du monde vissé en soi. Qui prenait déjà tant au sérieux les choses de la vie. L'amitié c'était sacré pour moi. Une fois donnée, c'était pour la vie dans ma petite tête, du coup je vivais le changement comme une trahison, un rejet.
Aujourd'hui pipelette, fanfaronne, je porte des couleurs vives, ri fort, ai toujours un mot pour rire, un mot sur tout. Ce qui m'agace, car j'ai la sensation de faire beaucoup de bruit et de gêner les autres et cette sensation n'est pas agréable alors du coup je me dis aller ma grande, plus de dicrétion, parle moins de toi, écoute plus, etc... Bref je me réprimande toute la journée. Et j'en ai assez! Je ne peux m'empêcher d'être telle que je suis et n epeux m'empêcher de n epas aimer la personne que je suis. C'est triste. Je veux que ça s'arrête.