Pas si simple d\'être maman

Je n'y croyais plus

Il ya un an de cela j'hésitais à reprendre les FIV ICSI. C'étais notre première demande, nous avions déjà 2 essais négatifs derrière nous, il nous en restait 2. J'étais bloquée, paralysée par la peur d'un nouvel échec. La moitié du chemin était faite, il nous restait autant de chance de réussir que d'échouer. Je n'avais plus la force de supporter toute la pression que je me mettais, ni la réalité vers laquelle j'allais, celle qui me disait que je ne serait jamais maman par voie naturelle.

En parallèle nous avons fait une demande d'adoption, car nous voulions être parent quelque soit la façon.

Cette démarche m'a beaucoup aidé, car elle nous oblige à nous progeter en tant que parent. Cela m'a fait réfléchir autrement.

Un déclic a eu lieu et là j'ai pris la décision de reprendre les FIV ICSI. Je me suis jetée dans le vide sans filet, sans élastique aux pieds, j'ai pris un vrai risque et j'étais prête cette fois à faire face. Pas d'espoir parasite. C'est donc d'un esprit pratique assez négatif que j'ai recommencé le traitement. Nous continuions toujours notre démarche d'adoption en même temps.

 

Le 8 mars 2010 le grand moment est venu: la ponction des ovocytes.

Le 10 mars 2010 à 11h00 on me réimplante 2 petits embryons.

 

La longue attente commence alors. Je n'y crois pas une seconde, je me suis programmée pour ne pas souffrir, pour moi, une fois encore cela n'a pas fonctionné. D'autant plus que suite à la ponction je fais une mauvaise réaction et je reste allitée une semaine, mon ventre est gonflé et me fait très mal. Ce n'est pas les meilleurs conditions d'accueil selon moi.

 

Le samedi je me sens un peu mieux, j'ai même faim. Chose étrange j'ai faim de viande quasi crue, de frites et de sauce aux capres alors que je déteste ça. Cela ne fait que quelques jours que la réimplantation a eu lieu, je met donc ça sur le compte des hormones dont mon corps est bourré. Il n'y a pas un repas ce week-end qui a changé: steck haché à peine cuit, frites et sauce aux capres, seuls ses aliments pouvaient passer.

 

Puis le dimanche, je peux marcher un peu. Je suis soudainement prise d'une forte envie de prendre l'air. J' ai besoin de dire merci à mère nature. C'est un sentiment si fort que je propose à ma mère qui est là pour aider de partir en balade.

 

Nous faisons le tour des parcs alentours jusqu'à ce qu'enfin je me dirige vers celui où se trouve mon arbre. Je dit mon parce que c'est sous ce vieux saule pleureur que je vais pour être bien, en harmonie avec la vie et avec moi-même.

 

Quand mes remerciements sont faits et que l'urgence ressentie plus tôt se trouve apaisée, alors je me décide à donner le signal de départ.

 

Une semaine d'attente encore avant la prise de sang. Je n'ai cherché aucun signe, aucun symptôme, rien. Vaille que vaille comme on dit. Je fais la prise de sang. Lorsque le jour J arrive, j'ai l'angoisse au ventre, mais il faut en finir alors...J'appelle le laboratoire pour avoir les résultats.

 

La jeune femme m'annonce que c'est positif. Je m'apprête à lui dire merci et à raccrocher lorsque je réalise que c'est un + et non un -. je lui demande si elle est sûre. Elle en est tout à fait sûre, me donne un taux, m'explique que je devrais faire une nouvelle prise de sang d'ici à 2 jours pour vérifier que ce soit bien accroché. Elle me félicite. Je lui bégaye un merci. Je raccroche. Je suis dans le brouillard, la joie explose tout à coup, je pleure, je ri, je saute de joie, j'appelle mon mari car oui ça y est je suis enceinte!!!

 

Le moment tant attendu, tant recherché est enfin là, c'est notre chance. Un bonheur immense m'envahi.

 

Et puis à nouveau la peur s'insinue...cette grossesse ira-t-elle à son terme? Je réagis aussitôt, je décide d'un commun accord avec moi-même de vivre cela au jour le jour intensément, de ne pas en perdre une miette et d'accepter que cela peut s'arrêter à tout moment. Ce statuquo établi c'est légère que j'aborde ma nouvelle vie, celle de femme enceinte.

 

Ma grossesse s'est très bien passée.

Nous avons eu quelques inquiétudes concernant une trisomie 21. La clarté nuquale est très bonne mais le tritest lui n'est pas bon. Nous faisons alors une amniocentèse. Là aussi nous décidons de ne pas trop y penser et de n'aborder le problème que s'il se pose. Nous avions beaucoup discuté l'un et l'autre et savions très bien ce que chacun pensait. Mon mari et moi faisons face.

 

Pas de trisomie. Nous sommes soulagés. La grossesse continue son cours.

 

Entre temps nous obtenons notre agrément. C'est comme si on m'annonçait une nouvelle grossesse. Nous ne savons simplement pas le terme.

 

Le 5 décembre 2010, notre petite fille est née. Magnifique, adorable, superbe.

 

Et là devant moi une nouvelle vie: celle de maman. Je regarde ma fille et je suis téléportée dans 2 ans quand elle marchera, puis dans 6 ans quand elle apprendra à lire, puis la notion de temps s'éfface pour laisser place à des instants: celui où elle fera sa première dent, son premier pas, dira son premier mot, aura son premier amoureux. Puis cela s'accélère, elle est tour à tour jeune femme indépendante, petite fille charmeuse, adolescente en rebellion...mais toujours et à tous ces instants elle sait que nous l'aimons et cela à jamais.

 

J'ai toute une vie à vivre à ses côtés et comme toute chose aussi jolie qu'elle soit ce n'est pas toujours aussi simple qu'on le croit.

 

 

 



09/02/2011
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