Soule
Soulée, je suis soulée. Et voilà j'y suis! Ce fameux palier où je ne prend même plus la peine de m'énerver car plus la force, car fatiguée, car juste marre de la situation. Plus envie de dépenser de l'énergie. C'est dangereux car cela signifie chez moi qu'on est en pleine rupture, cassure. Ce désintérêt est alarmant bien plus que mes prises de tête et mes ralages de mégère. C'est souvent le point de non retour, le point qui annonce que je baisse les bras, je me désinteresse, je m'en fiche. Ce n'est pas bon du tout.
Il est pénible d'atteindre finalement une espèce de zénitude, où la colère n'est plus mais qui s'accompagne de "je m'en fou". Ce n'est pas une vraie zénitude où je me dirais bah y'a pas mort d'homme, c'est pas grave pas de quoi s'énerver. Là c'est juste je m'en fou. Comme si je n'étais plus concernée alors que ce n'est pas vrai.
J'en ai marre en fait, je suis soulée des plantades de mon mari, je suis soulée d'avoir à le reprendre, je suis soulée de culpabiliser parce qu'il fait ce qu'il peut, qu'il est tout gentil, qu'il est calin, que je vois bien que je lui manque. Mais toute cette gentillesse, tout ce comportement compréhensif m'irrite encore plus car il souligne mon manque d'attention, mon désintérêt, ma froideur, il souligne le fossé qui s'est creusé, que j'ai creusé, il me renvoie à mon comportement que je juge si mauvais. Mon mari est bon et je suis mauvaise voilà ce que cela me renvoi. je suis fatiguée de me détester, je suis fatiguée de lui en vouloir autant. Marre. Soule.
Il est celui qui tient bon, qui prend les choses avec facilité. Ce n'est pas difficile pour lui. Je crois que je lui en veux de ça justement. J'envie ces copines pour qui ça se passe si bien. Est-ce parce que mon mari était si peu présent le soir? Peut-être, peut-être pas.
En fait je suis en train de me rendre compte que j'en veux à mon mari d'être plus fort que moi, d'avoir cette facilité devant la difficulté. Alors que moi je galère, je lutte, je le vis mal. Il l'a facile et je lui en veux pour ça. C'est nul. je me sens nulle. Il me fais me sentir nulle. A être finalement la seule à lutter, la seule à qui les choses ne vont pas, j'ai l'impression d'être la seule à m'inquiéter. Je crois que je vais lui écrire tout ça. ce sera ma dernière tentative de lui faire comprendre, une sorte de dernier appel à l'aide d'autant que je n'ai vraiment plus la force de lutter. Si l'on ne trouve pas de solution, s'il ne change pas un minimum, je ne sais pas ce que l'on va devenir. Moi je veux bien changer mais il y a tant de choses à travailler que c'est un chantier énorme et peut-être en effet que c'est moi qui devrait travAiller sur ce sentiment de nullité mais il est accompagné de celui de solitude et de colère lié à l'absence de mon mari quand j'en ai eu le plus besoin. je me suis sentie abandonnée. J'ai perdu confiance en lui. Cette confiance qui faisait que je n'avais pas de mal à poser ma tête sur son épaule. Aujourd'hui je n'ai plus la force d'être forte pour deux. Avant je ne pliais pas, je faisais front. Et je ne peux pas me reposer sur lui entièrement car il fait des erreures. Ce ne serait pas grave en temps normal, l'erreure est humaine j'en faits aussi mais pas sur ce sui est primordial pour moi, ce manque de confiance m'épuise plus encore alors que j'ai déjà si peu d'énergie.